Bordeaux 2030 la ville action, tout savoir, découvrir, s'informer, participer

Retour sur le « Jeudi C’est Archi » du 24 octobre 2019

Dans le cadre de l’exposition « Bordeaux ville de pierre : un patrimoine à vivre ! », la ville de Bordeaux et Bordeaux Métropole, en partenariat avec le 308 – Maison de l’Architecture en Nouvelle-Aquitaine, lancent un cycle de conférences autour de l'architecture, mettant à l’honneur des projets issus du Palmarès Régional d’Architecture en Nouvelle-Aquitaine [PRAd'A].

Cette première rencontre a abordé «Les projets S : La préservation du patrimoine et l’amélioration de.sa valeur d’usage ; principaux enjeux des surélévations »
L’architecture est conçue pour le futur. Et paradoxalement, l’architecture, dès sa réalisation, appartient au passé.
Ces immeubles peuvent alors être considérés comme étant des témoignages du passé, idéalisés comme des souvenirs d’une époque que nous n’avons pas connue.
A l’inverse, nous pouvons les négliger, les chahuter, les déclarer inadaptés à la vie actuelle et le cas échéant, exiger leur démolition. 

Les projets présentés par les agences Felaa et Faye Architectes, démontrent que des choix intermédiaires sont possibles.

Nous pouvons considérer que ces constructions anciennes sont une source d’inspiration ou d’opportunité. Ces constructions ont été adaptées au présent et les transformées en quelque chose de nouveau pour une réaffectation bien étudiée ou un agrandissement.

 

Projet : Surélévation d’immeuble 

>Architecte mandataire : Faye Architectes
>Année de livraison : 2017 
>Montant des travaux : 1 755 540€ HT
>Surface : 890 m²  

Caractéristiques du projet :
Trois contraintes majeures ont conduit la conception du projet :
- Une contrainte technique : création d’une surélévation de quatre niveaux supplémentaires sur un bâti existant à R+2.
- Une contrainte architecturale : proposer une écriture adéquate et cohérente, tout en étant contemporaine et dynamique.
- Une contrainte d’usage : désosser les niveaux existants très cloisonnés pour créer des open-space sans structure intermédiaire

Pour répondre à de telles exigences, l’accent a été porté sur des choix structurels spécifiques :
- Priorité à la dissociation structurelle de l’extension avec l’existant.
- Pour l’existant : créer une structure capable de supporter celle plus légère de l’extension grâce à des micropieux ont été mis en œuvre sur une profondeur moyenne de 26 m et un ensemble de poteaux ont été coulés en place pour être arasés jusqu’au niveau du sol fini du R+2.
- Pour l’extension : l’acier a été retenu pour répondre aux contraintes de poids. Une structure acier, poteaux / poutres, repose donc sur les attentes en béton du R+2 et se déploie sur les quatre niveaux créés.
- Pour compléter la réponse au souci majeur de confirmer une extension la plus légère possible, seule la façade sur rue est composée d’un ensemble brique plus pierre, le reste des façades bénéficiant d’une ossature bois avec finition zinc en face extérieure.

Des aménagements intérieurs répondent aux exigences du moment :
- Des plateaux traités sous forme « open-space » bénéficient tous de l’éclairage naturel.
- Deux escaliers métalliques et un ascenseur desservent le projet sur ces 6 niveaux.
- Pour satisfaire à la fois la distribution technique et la configuration architecturale des toits auxquels sont attachés les Bâtiments de France, le groupe VMC double flux est implanté à rez-de-chaussée et le groupe de rafraîchissement d’air se retrouve confiné sous la toiture zinc du 6ème étage.


 

 

Projet : Surélévation d'échoppe
 
>Architecte : Felaa 
>Année de livraison : 2017 
>Montant des travaux : 109 000€ HT
>Surface : 55m²  

Caractéristiques du projet :
Le projet, au centre ville de Bordeaux, consiste à créer un deuxième étage sur la partie arrière de la maison pour ajouter deux chambres, une salle de bains avec WC, un espace bureau bibliothèque sous verrière, et une terrasse (18m2) côté jardin. Le projet conserve l’organisation des espaces et des circulations. Le puits de jour existant sous la verrière, qui apporte de la lumière au milieu de l’édifice, est prolongé et cet espace est utilisé pour implanter le nouvel escalier. Un plancher vitré dans le coin bureau bibliothèque permet à la lumière continuer à pénétrer dans la maison jusqu'au rez-de-chaussée.

Un objectif pour cette surélévation était de faire une insertion « douce » qui ne dénature pas le caractère de l’existant. Depuis la rue, seul un petit bout de verrière est visible. Côté jardin, la façade de l’existant est composée de pierre et de brique avec des modénatures et des décorations. Pour ne pas la surcharger et la mettre en valeur, nous avons choisi des matériaux blancs.

Le projet côté jardin est largement vitré et les pignons sont en tôle blanche à petite onde. Les façades blanches de la surélévation se prolongent de chaque côté de la terrasse en tôle ondulée translucide. Il y a ainsi un jeu sur un seul matériau décliné en opaque, blanc et translucide.

>>> Prochaine rendez-vous du "Jeudi c'est Archi" : Le 7 novembre de 18h à 20h : 
«Les projets M : La reconversion : un geste résolument contemporain»