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Marne – Kléber : inventer la rue jardin

Rue Kléber

Parmi les premiers secteurs stratégiques d’intervention définis par le projet [Re]Centres figure le quartier « Marne Yser » structuré par les cours de la Marne, de l’Yser et de la Somme, à proximité de la place de la Victoire. La rue Kleber est la colonne vertébrale de ce quartier qu’elle irrigue en son centre du nord au sud. Une rue au potentiel caché, et pourtant bien réel…

 

Pourquoi s'intéresser à la rue Kléber ?
- parce que c’est un quartier sans doute moins richement doté que les
autres et qu’à ce titre il doit mériter toute l’attention nécessaire.
- parce que c’est le quartier historique de la communauté espagnole, cette communauté qui a joué et qui continue à jouer un grand rôle dans la ville.
- parce que c’est aussi un quartier très central aussi proche de la gare que de Mériadeck et qui, à ce titre, a un grand avenir devant lui.

 

 

La démarche

Livret Recentres IIFin 2011, au lancement de la réflexion sur le secteur, les habitants du quartier ont été invités à venir exprimer leurs visions de la rue aujourd’hui, ses atouts et ses difficultés, mais aussi nous confier leurs souvenirs, leurs envies et leurs rêves pour une rue différente. Nous avons précieusement recueilli ces témoignages, qui sont à la base de l’élaboration du projet par l’équipe d’architectes et d’urbanistes de Bordeaux [RE] Centres. Il s’agissait ensuite de dessiner, de mettre en forme les aspirations des habitants pour transformer le quartier et lui donner le projet qu’il mérite. A chaque réunion de concertation, l’équipe du projet urbain a affiné ses propositions. Le livret Bordeaux [Re]Centres n°2 (avril 2012) constitue le compte-rendu de ce dialogue constructif, entre les habitants et la Ville.

A savoir : tous les mercredis, de 17h à 19h, le jardinier Julien se tient à votre disposition au niveau du 84 rue Kléber pour répondre à vos questions en matère de plantations. N'hésitez pas à aller à sa rencontre. 

Un nouveau cycle de concertation va être lancé en 2015 afin de faire un bilan avec les habitants du 1er tronçon réaménagé. Nous vous communiquerons sur cette page la prochaine date de réunion publique.

Le cahier des charges du projet fixé à l'issue du 1er cycle de concertation en 2012-2013 :

 
Plaque rue KléberUn texte de synthèse a été élaboré à la suite des concertations et a été présenté aux habitants. Il a permis de formaliser le cahier des charges pour le réaménagement de la rue.

1- Intervenir dans une rue clé pour le quartier

Dès la première réunion de concertation avec les habitants, il est ressorti, à l’unanimité, un besoin de changement et d’évolution pour la rue. L’idée d’une “rue autrement” est plébiscitée pour permettre la suppression d’un certain nombre de nuisances et l’amélioration de l’espace public.

2- Créer une rue apaisée et partagée (circulation automobile / place du piéton)

Parmi les sources d’inconfort : la circulation automobile. La circulation est dense, notamment en début et fin de journée, sur la partie nord de la rue. Elle est même dangereuse au niveau de certains croisements. Il est nécessaire de ralentir les véhicules. Il faut créer des obstacles et “casser” cette ligne droite qui facilite la vitesse. Il faut traiter les croisements de façon à ce que les véhicules roulent au pas. Une condition incontournable : la garantie de la sécurité du piéton.

3- Traiter la question du stationnement
Dans une rue apaisée et partagée, la question du stationnement nécessite aussi d’être traitée. Aujourd’hui, le stationnement des véhicules génère des difficultés : voitures ventouses, stationnements illicites, garages bloqués, trottoirs inaccessibles… Son maintien ne peut pas permettre la création d’un espace public libéré, appropriable. Des solutions alternatives au stationnement dans la rue doivent être mises en oeuvre (facilitation des modes de déplacement doux notamment).

4- Conserver l’âme de la rue

Qui dit “rue autrement”, ne doit pas dire rue aseptisée, rue désincarnée. Les habitants de la rue Kléber veulent une rue qui leur ressemble, rattachée à son histoire, avec un projet faisant ressortir l’âme de la rue et le “génie du lieu”. Le projet doit permettre la mise en valeur de certains éléments patrimoniaux témoignant du passé et aujourd’hui peu visibles (anciennes enseignes, pignons…). Quant à la convivialité de la rue, elle dépendra de la capacité à offrir des espaces permettant de se rencontrer, de se parler, de s’asseoir ….

5- S’approprier la rue (le “bac Kléber”)

L’idée du “bac Kléber”, petit espace géré par un ou plusieurs habitants et faisant office de terrasse végétalisée, est intéressante et à tester. Mais les questions sont nombreuses : est-ce que cela ne va pas être dégradé très rapidement ? Le quartier peut-il accueillir ce type d’initiatives ? Est-ce que cela ne va pas devenir sale et mal entretenu ? Pour répondre à ces inquiétudes, l’équipe d’urbanistes doit élaborer un projet flexible et réversible pour le cas où les propositions envisagées ne fonctionneraient pas.

6- Une rue pour tous

Enfin le projet doit bénéficier aux habitants de la rue Kléber mais aussi aux autres habitants du quartier, qui vivent dans les rues adjacentes. Ces habitants devront pouvoir bénéficier des aménagements.

Une rue apaisée et partagée
Rue apaiséeLes richesses et les impératifs de la rue amènent à proposer un projet qui repense les usages et, en premier lieu, qui réduise
l’emprise de la voiture. Le principe de voie partagée met tous les modes de déplacement sur un même plan : sur un seul espace circulé se côtoient voitures (au rythme ralenti), cyclistes, piétons, deux roues… Un tracé sinueux et étroit de la bande de roulement est garant de la diminution de la vitesse des voitures. Le tracé est central et préserve les accès aux garages. Pour être comprise et reconnue, cette voirie partagée doit être traitée avec un unique matériau, et sur un seul plan, sans distinction de hauteurs entre les trottoirs et la chaussée. Les carrefours sont pacifiés au moyen d’un plateau un peu surélevé, qui englobe les 7,70 m de voirie, obligeant les voitures par le mouvement de montée et descente, à ralentir leur vitesse.

 

 

La rue comme un jardin
KléberUn mobilier propre à la rue Kléber est imaginé pour aménager les espaces appropriables. Modulable, inventif, adaptable, il n’a pas encore sa forme définitive et ses usages vont dépendre des envies des habitants. Il peut se faire banc, terrasse, jardinière, table et chaises…  La rue verte se fait par ses jardinières et par ce que les habitants  y investiront, mais aussi par la plantation ponctuelle de quelques arbres à haute tige, de plantes grimpantes sur les façades et d’une strate végétale plus basse. En définitive, la rue Kléber pourrait devenir l’espace de respiration du quartier, faisant une nouvelle place à la nature dans la ville. Une place non pas invasive, mais suffisamment présente pour donner à la rue une nouvelle unité.

 

Kléber


Audrey Aldebert (architecte agence Aldebert Verdier) présente le projet du secteur Marne-Kleber : cliquez ici. 

 

 

De la rue jardin au jardin des Remparts
Retour sur la soirée festive rue Kléber à l'occasion d'Agora, le 15 septembre 2012.