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Le secteur sauvegardé de Bordeaux : hier et aujourd’hui

Le secteur sauvegardé de Bordeaux : hier et aujourd’hui

Créé par arrêté du 6 février 1967, le secteur sauvegardé de Bordeaux est très vite devenu l’un des plus vastes de France avec son territoire de près de 150 hectares. C’est à la même époque, paradoxalement, que s’élaborait le dernier programme de Mériadeck qui misait encore sur la table rase pour régénérer la ville ancienne. La réalisation du PSMV fut alors confiée à l’architecte en chef des Bâtiments civils et des palais nationaux Claude-Henry Aubert qui en fixa le périmètre et proposa, en 1970, une première appréciation architecturale du patrimoine bordelais qui faisait déjà la part trop belle à l’architecture du XVIIIe siècle presque exclusivement. L’arrivée de Jean-Pierre Errath, architecte des bâtiments de France, en 1979, conduisit à de timides protections sur des édifices du XIXe siècle. Mais ce PSMV, encore en vigueur, a toujours un périmètre curieux (en effet, il ne contient qu’une partie de la ville ancienne à l’intérieur des cours et exclut, par exemple, Saint-Seurin ou les Chartrons). Il ne protège pas non plus de nombreux édifices du XIXe siècle, voire du XXe, qui sont aujourd’hui reconnus dans le patrimoine de la ville de pierre.
Rendu public par arrêté préfectoral du 19 novembre 1984, le plan fut approuvé par décret du Conseil d’Etat le 26 juin 1988. Fixant un règlement strict sous le contrôle de l’architecte des bâtiments de France, il prévoyait déjà la réalisation d’un vaste réseau de rues et places piétonnières, les rues Sainte-Catherine, Porte-Dijeaux mais aussi la rue des remparts (inaugurée fin 1977) et, en 1980, le circuit des « trois places » : Camille-Jullian, Saint-Pierre et Parlement.

Quatre opérations majeures sont alors programmées :
-    la réalisation des premiers parkings en sous-sol ;
-    une opération d’amélioration de l’habitat dans le quartier Saint-Pierre avec notamment la réalisation de l’îlot expérimental de la Tour-de-Gassies ;
-    l’installation, à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie, d’une cinquantaine de nouveaux commerces pour rénover l’image des pieds d’immeubles ;
-    enfin, dernier point, très ambitieux, la restauration de l’immense façade des quais, alors très dégradée. Cette opération, lancée en 1972 n’aboutit qu’en 1981 avec la restauration de six immeubles test. Décidé le 22 avril 1996, le ravalement obligatoire de la façade des quais s’acheva en 2003.

A l’époque où les CAUE (conseils d’architecture, d’urbanisme et d’environnement), n’existent pas encore, Jacques Chaban-Delmas et Hugues Martin (alors en charge du projet), ont l’idée de ne pas imposer aux habitants du centre ancien de travaux coûteux et obligatoires sans créer une structure dédiée : c’est la naissance du CAAID (centre d’assistance architecturale d’information et de documentation) qui œuvra de 1973 à 2000 en accueillant les propriétaires désireux de faire des travaux dans leur immeuble ou tout simplement d’un renseignement quelconque. Pendant plus de 15 ans, l’architecte Jacques Séjourné fut ainsi chargé d’animer cette structure en conseillant les propriétaires. Le renforcement des services techniques de la Ville l’a aujourd’hui remplacée.

En novembre 2012, Bordeaux a accueilli la célébration du cinquantenaire de la loi Malraux sur les secteurs sauvegardés (4 août 1962). C’est une belle illustration de la continuité de l’histoire du secteur sauvegardé de Bordeaux. Cette commémoration a fait l’objet de la publication des actes de ce cinquantenaire, en partenariat avec la Ville de Bordeaux, l’Association Nationale des Villes et Pays d’Art et d’Histoire, le ministère de la Culture et de la communication ainsi que les Amitiés internationales André Malraux.