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Le centre historique

Le centre historique

L’inscription sur la liste du patrimoine mondial est assurément liée aux embellissements qui ont transformé et changé le regard sur Bordeaux. La déclaration d'inscription souligne la valeur universelle et exceptionnelle du site qui se traduit par la lisibilité du plan de la ville. A chaque époque de leurs évolutions, les transformations urbaines ont apporté continuité plutôt que rupture à la forme de la ville. L’histoire du centre ancien l’illustre parfaitement.

Quelques exemples. Regardons la porte Cailhau depuis la maison écocitoyenne du quai Richelieu, et la façon dont la façade urbaine conçue au XVIIIe siècle sous l'intendance de Tourny met en perspective un monument construit à la fin du XVe siècle à la mémoire de la bataille de Fornoue : voici l'expression d'une continuité urbaine entre un monument qui se situe dans une période de transition architecturale entre les styles Gothique et Renaissance, et un ensemble urbain classique, d'un style rocaille sage qui intègre parfaitement ce monument ancien dans une nouvelle composition. Souvenons-nous du château Trompette, qui, jusqu'au début du XIXe siècle marque une rupture entre la cité et le quartier négociant des Chartrons. Sa démolition laisse la place au lotissement des Quinconces, un des ensembles urbains les plus remarquables, qui tout à coup agrandit Bordeaux vers le nord et relie des quartiers jusqu'alors séparés, complémentant le plan d'ensemble de la ville.

Observons la place Pey-Berland qui n'existerait pas sans la démolition des maisons qui l'enserraient au XIXe siècle. Cette démolition témoigne de l'effort de monumentalisation des édifices religieux par leur isolement au centre d'un espace ouvert, qui marque le début de leur patrimonialisation. Elle s'inscrit dans un programme d'embellissements qui participe à une meilleure lecture du tissu de la ville ancienne. 

Regardons encore, le percement du cours Alsace-Lorraine en 1865, reliant le centre politique et religieux de la cité au port et son prolongement dans le nouveau quartier de Mériadeck, par l'implantation de l'hôtel de la CUB, dans l'axe de sa perspective. Mais s'agit-il là encore de continuité plutôt que de rupture ? On peut voir s'afficher, plus récemment, dans les aménagements autours des quais et du miroir d'eau, une nouvelle modernité pour la place de la Bourse... Autant de « vérités historiques » qui peuvent aujourd'hui inspirer et décomplexer le projet urbain face aux enjeux de la préservation du centre.